« Ahmed Bensaada ne sait pas de quoi il parle » (Lahouari Addi, sociologue)

Accusé par Ahmed Bensaada dans son livre Qui sont ces ténors autoproclamés du Hirak ? de travailler pour la CIA sur la bases de recoupements de quelques informations somme toute banales pour toute personne sachant comment fonctionne le système universitaire occidental, l’éminent sociologue Lahouari Addi annonce, dans un entretien avec Reporters, une plainte pour diffamation contre l’auteur de ce livre qui « ne sait pas de quoi il parle ». « Ahmed Bensaada n’a jamais lu mon CV et il ne sait pas de quoi il parle. Il ne sait pas comment fonctionnent les institutions de recherche et l’université en Occident. Il n’est pas universitaire et il n’est pas professeur à l’université. Il enseigne la physique à des élèves de collège au Canada. Il a le droit d’écrire des pamphlets, mais il n’a pas le droit de diffamer les gens et de dire des mensonges à leur sujet. S’il a des informations tangibles sur l’implication de ceux qu’il accuse, il devra les remettre à l’ambassade du pays où il réside pour que les services de sécurité (qui ont les moyens et le personnel formé à cet effet) mènent une enquête pour protéger le pays de l’ingérence étrangère. Accuser un concitoyen de travailler pour la CIA est grave, connaissant l’histoire de la CIA et de son rôle comme instrument de l’impérialisme américain. Dès que les conditions politiques s’éclairciront dans notre pays, je déposerais plainte contre l’auteur et contre la maison d’édition, » a-t-il déclaré.

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Quant à la publication de quelques articles par Lahouari Addi dans la revue de NED et sa participation au Forum de celle-ci, perçues étrangement par Ahmed Bensaada comme la preuve irréfutable de « ses accointances » avec la CIA, ce dernier explique : « La NED voulait un débat d’idées et a créé ce Forum et aussi une revue académique Journal of Democracy, dont les articles sont consultables en ligne. J’ai publié trois articles dans cette revue et ils sont consultables en ligne, ils n’ont rien à voir avec l’idéologie de la droite américaine. La NED a mis sur pied aussi un Forum qui réunissait des universitaires de différentes tendances. J’ai été sollicité en raison de mes travaux académiques en compagnie de noms prestigieux comme Lisa Anderson (professeure à Columbia University, connue pour ses travaux sur le monde arabe), Filaly Ansary, directeur de la Fondation Agha Khan de Londres, Abdullahi Ahmed En-Naim, professeur de droit international à Emory University et disciple du réformateur musulman Mahmoud Taha, Saad-Eddine Ibrahim, directeur du Centre de Recherche Ibn Khaldoun au Caire, etc., » indique t-t-il en précisant que  sa « participation à ce Forum ne signifie pas que les membres étaient d’accord avec la théorie de la fin de l’histoire ou du conflit des civilisations » et que, sur cette question, « il faut se référer aux publications des auteurs ». « Ce n’est pas parce que j’ai participé à un colloque avec Huntington ou Fukuyama que je partage leurs orientations idéologiques. J’ai été par contre invité plusieurs fois par des universités comme professeur (Princeton University, Utah University, UCLA, Georgetown University…). Ces invitations sont pour moi l’occasion d’écrire des livres. C’est à Princeton University en 1992 que j’ai rédigé L’Algérie et la démocratie publié par La Découverte à Paris en 1994. C’est aussi dans le prestigieux Institute for Advanced Study de Princeton que j’ai rédigé Deux anthropologues au Maghreb : Clifford Geertz et Ernest Gellner qui paraît en arabe ce mois-ci chez Doha Center. Mon livre Le nationalisme arabe radical et l’islam politique a été rédigé à Georgetown University où j’étais invité en 2013. Il a été publié en anglais par Georgetown University Press et j’ai tenu à ce qu’il paraisse à Alger chez Barzakh pour que les étudiants algériens le lisent. Il est disponible dans les librairies en Algérie, » ajoute Lahouari Addi.

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Une commentaire sur “« Ahmed Bensaada ne sait pas de quoi il parle » (Lahouari Addi, sociologue)

  1. Le Dr Bensaada n’a fait que mettre à nu des mouchards contre leur pays par des preuves incontestables! Il a dénoncé ce que les algériens appellent  » Lekouaouda ». Pour bien saisir la nature des preuves que le Dr Bansaada a présenter au public: Quand on vous donne votre nom, prénom, date et lieu de naissance, nom de votre père, votre mère, votre grand-père, N° de votre acte… la preuve irréfutable est bien votre extrait de naissance non? C’est le genre de preuves que présente le Dr Bensaada pour chacune de ses affirmations….Alors ?

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