«Ait Ahmed avait le sens des perspectives historiques» (Lahaouri Addi, sociologue)

5 ans après sa mort, Hocine Ait Ahmed demeure l’une des rares figures révolutionnaires ayant marqué la lutte pour la libération de l’Algérie du joug colonial  qui fait l’unanimité, car, il faut le rappeler, même ses pire adversaires reconnaissent la sincérité de son combat et la pertinence de ses positions politique, y compris après l’indépendance.

Dans un entretien avec le sociologue algérien Lahouari paru sur Algérie Cultures, ce dernier a en effet affirmé que Hocine Ait Ahmed est l’un « des leaders dans le mouvement national qui avaient le sens des perspective historiques et qui savaient ce qu’est un état de droit. »

De plus, Lahaouri Addi a loué les traits de personnalité de Hocine Ait Ahmed ainsi que sa maîtrise de différentes disciplines. « Quand je parlais avec Aït Ahmed, j’avais l’impression de discuter avec un collègue professeur d’université, tant ses connaissances en science politique, en sociologie, en histoire, en droit… étaient immenses », a-t-il souligné, rappelant que « son projet pour le pays était un Etat de droit, une culture sécularisée avec le respect pour l’islam, une économie développée et la dignité pour chaque Algérien quelle que soit sa condition. » L’admiration que porte le sociologue algérien à Hocine Ait Ahmed l’a poussé à lui dédier son avant-dernier livre Le nationalisme arabe radical et l’islam politique.

Si pendant sa jeunesse Ait Ahmed a été un homme d’action, c’est en homme de réflexion qu’il s’est surtout affirmé. Toutefois, n’ayant écrit que peu de livres et ayant vécu l’essentiel de sa vie en exil, les Algériens ne retiennent de lui que l’image d’un moudjahid sincère dont le parcours aura été une succession de combats pour la libération de l’Algérie d’abord et des algériens ensuite sans autre détail sur ce que peut être sa pensée politique. Parmi ses livres, L’affaire Mécili, L’afro-fascisme: les droits de l’homme dans la charte et la pratique de l’Organisation de l’unité africaine, Mémoire d’un combattant : l’esprit d’indépendance 1942-1952, tous consacrés à différents concepts en rapport au combat pour la libération des nations et les droits de l’Homme.

Mort le 23 décembre 2015, Hocine Ait Ahmed ne peut qu’être la bougie étincelante qui illumine la voie des combattants pour une Algérie nouvelle, jouissant des valeurs démocratiques des droits de l’Homme et du Citoyen, ainsi que la liberté et le vivre ensemble détaché de tout communautarisme idéologique ou religieux. Aujourd’hui, sa vie et son parcours politique et intellectuel gagneraient à être enseigné dans les universités algériennes et d’être érigés en source d’inspiration pour les générations à venir.

 

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