Ammar Alloulache, un monument de la peinture algérienne s’en va

L’artiste plasticien et chercheur en art Ammar Alloulache tire sa révérence, apprend-t-on de sa famille.

Né1939 à El Milia, Wilaya de Jijel où il grandit et fréquente l’école, Ammar Alloulache est un homme riche en talents : poésie, peinture, sculpture, musique.  Il raconte : « Enfant, je voyais ma mère pétrir cette terre grasse, je sentais l’essence de cette argile, son odeur, et les doigts m’en démangeaient. Le métier à tisser de ma mère, je le voyais aussi comme une harpe. A partir de là, tout l’art m’a interpellé, la peinture, la sculpture, la musique, la poésie…» La formation universitaire d’Alloulache vacille entre arts, sciences techniques, architecture et urbanisme ; c’est de cette mosaïque de connaissances que son œuvre majoritairement picturale l’émerge dans la scène artistique mondiale aux côtés de Mohammed Issiakhem. « D’une extraordinaire générosité, Ammar n’arrêtait pas de rire de tout et de rien, il racontait ses bêtises avec Issiakhem et Samson avec une grande passion, puis il passait à l’inévitable Demagh […]Ammar s’est toujours employé à voir comment passer de la figuration à un processus de re-figuration lui permettant de mettre en œuvre une pièce originale, singulière, une sorte de tierce image, » raconte Ahmed Cheniki, universitaire et historien de l’art.

Aujourd’hui, Ammar Alloulache meurt oublié dans son propre pays, voire méconnu du grand public. Il rejoint l’au-delà un mois après Mahdjoub Ben Bella en laissant derrière lui une œuvre considérable et une phrase culte : « Je suis proche de tous ceux qui militent en faveur d’un art nouveau, car pour moi, l’art nouveau c’est tout d’abord une optique et une vision de la modernité comme étant une tendance vers l’universalité. »

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