« Elwani » : naissance d’une nouvelle plateforme de vente d’œuvres d’art

Alors que le marché de l’art a été frappé de plein fouet par la crise sanitaire de la Covid-19, les jeunes créateurs algériens ne se sont pas laissés aller dans cet arrêt sans avenir. Yasmine Brahimi, diplômée en mathématiques de l’Université de Beb Ezzouar et Arezki Ingrachen, en optométrie de l’Université d’Oran, se sont serrés les coudes pour donner naissance à la première plateforme de vente d’œuvres d’art en ligne, baptisée Elwani (mes couleurs).

Ayant remarqué l’absence d’un marché de l’art qui jouirait de tous ses déterminants, Yasmine Brahimi s’est appuyée sur son expérience en entreprenariat d’innovation pour faire le premier pas. « Elwani n’est pas seulement un site internet, c’est d’abord une vision, elle se décline dans le numérique, mais aussi dans le réel, à travers des concepts innovants que nous mettons en place au fur et à mesure de l’avancement du projet », nous dit-elle. Quant à Arezki Ingrachen, l’événement bouleversant de la Révolution du 22 février 2019 l’a mis sur la route de Yasmine Brahimi. « Après le soulèvement populaire de 22 février où j’ai croisé la route de Yasmine, j’ai rejoint le projet en tant que consultant, puis en voyant le potentiel énorme de ce  projet, j’ai proposé d’investir dedans avec mes économies », nous explique-t-il.

Les objectifs du duo semblent viser plus loin qu’un projet de vente d’œuvres d’art, ils se veulent l’incitation à une nouvelle vision, l’espoir que le public admire de plus près ce qui se fait en peinture, sculpture, design et photographie. « D’abord créer les prémices d’un vrai marché de l’art en Algérie et permettre aux artistes de toute l’Algérie de vivre de leur travail artistique, ou du moins apporter dans un premier temps une réelle visibilité en cassant la dynamique de la visibilité unique dans les expositions, travailler à faire connaître leur courant, leur aspiration et s’engager à chiffrer tout cela à travers des données claires et précises. C’est une porte que nous ouvrons et qui sera le chemin à emprunter pour beaucoup », souligne Yasmine Brahimi. Par ailleurs, la non médiatisation de ce projet était le choix du duo, qui voulait avant tout mettre en œuvre des démarches précises avant de plonger au cœur de la commercialisation. « Nous n’avons  pas sollicité qui que ce soit avant la concrétisation de notre projet,  mais nous avons été  soutenus par les artistes, artisans et designers qui nous ont suivis juste après les premières présentations du projet Elwani, et nous leur sommes infiniment reconnaissants », dévoile Arezki Ingrachen.

Sous le slogan de « Making art accessible », la plateforme Elwani propose au public différentes œuvres appartenant à plusieurs disciplines artistiques : design, installation, peinture, photographie… Convaincus que l’art en Algérie se retrouve  sans nouvel élan admiratif, les cofondateurs ont essayé de lui redonner vie  à travers ce projet. « Elwani veut créer une nouvelle dynamique, c’est comme je le disais d’abord une vision, nous voulons à travers ce projet, créer des centaines de points d’art en Algérie, et faire entrer cette discipline dans le quotidien des gens, dans la rue, dans les réseaux sociaux et aussi dans leurs maisons. »

 

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