« Il existe tellement d’anonymes qui ont subi l’assassinat et la torture » (Fadhila Chitour-Boumendjel, nièce d’Ali Boumendjel)

Le rapport de Benjamin Stora continue de susciter la controverse des deux côtés de la Méditerranée, cette fois-ci, c’est Fadhila Chitour-Boumendjel, nièce du révolutionnaire Ali Boumendjel torturé et assassiné par les parachutistes français en 1957.

En effet, pour Mme. Chitour-Boumendjel, c’est « étonnant que l’historien Benjamin Stora parle d’Ali Boumendjel ». « Pourquoi le distinguer alors que le Mouvement national algérien et la Bataille d’Alger particulièrement ont donné d’autres Ali Boumendjel ! Il existe tellement d’anonymes qui ont subi le sort affreux des assassinats et de la torture. Pourquoi le singulariser dans la communauté des martyrs algériens ? Ensuite, que représente cette reconnaissance concrètement ? » s’est-elle interrogée dans un entretien accordé à Liberté.

Réagissant à la proposition qui dit baptiser une rue en France au nom d’Ali Boumendjel, Mme. Chitour-Boumendjel estime que « le fait que la date de son assassinat soit dédiée à la Journée de l’avocat dans son pays a une portée plus symbolique ! » Citant l’historien français qui insiste qu’on ne peut « réconcilier l’irréconciliable », Fadhila Chitour-Boumendjel relève la contradiction entre les faits et les paroles du même historien. « Je ne comprends pas comment il a accepté de faire un rapport dont l’objectif s’inscrit en totale contradiction avec ce qu’il pense, puisqu’il le dit clairement », a-t-elle souligné.

Par ailleurs, dans l’exclusion des « excuses » de la part de la France, la nièce d’Ali Boumendjel a estimé que l’Algérie a fait à la guerre à « la France coloniale » et l’a gagnée. « Nous ne sommes par demandeurs d’excuses. Mais la morale et l’éthique exigent, de mon point de vue, que la France officielle franchisse ce pas… » a-t-elle précisé.

 

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