«Je suis un champ de bataille» au cœur d’une polémique, Pierre Amrouche réagit

 

Le livre Je suis un champ de bataille de Jean El Mouhoub Amrouche publié récemment aux éditions Frantz Fanon a suscité une forte polémique parmi des intellectuels et des universitaires algériens et franco-algériens. Après la mise au point publiée au quotidien algérien Liberté, signée par Pierre Amrouche, Amin Zaoui, Tassaadit Yacine, Hervé Sanson, Michel Carassou et Abdelhak Lahlou contre principalement la préface de Seloua Luste Boulbina, l’éditeur, suivi par la préfacière ont réagi en signalant quelques incohérences que les signataires de la tribune auraient ratées.

Pierre Amrouche, fils de Jean El Mouhoub Amrouche, considéré comme l’ayant droit concerné a également réagi aux réponses de l’éditeur de l’ouvrage et à la préfacière Seloua Luste Boulbina. En effet, Pierre Amrouche a souligné que la publication du livre  « devait se faire accompagnée de réserves étant donné le caractère oral de ces textes non corrigés par leur auteur. » « Le temps a passé et je n’ai plus entendu parler de ce projet. En janvier dernier j’ai reçu, par mail, une demande d’autorisation de publication émanant des éditions Franz Fanon à laquelle j’ai répondu positivement je crois, mais je n’en garde aucune trace », affirme-t-il en ajoutant « Par principe, je ne m’oppose jamais à aucune publication n’ayant jamais exercé aucun droit de censure, les écrits de mon père appartiennent à l’histoire. Cette attitude de principe n’exclut pas que les publications se fassent dans les règles du droit international. Ce n’est semble-t-il pas l’opinion des éditions Fanon qui agissent dans un pays où pour l’heure aucun droit n’est respecté : l’Algérie. Cette façon de procéder ne saurait être acceptée en France : pas de contrat, pas de BAT, rien ne prouve donc un accord définitif entre les auteurs et les ayants droit »

N’ayant pas eu un exemplaire de cette publication, Pierre Amrouche a dit l’avoir signalé à Mme. Luste Boulbina, « J’ai reçu ensuite un mail de Seloua Lust Boulbina qui m’a effectivement envoyé deux fichiers, l’un des textes et l’un de son introduction, mais cela ne pouvait en rien remplacer un document émanant de l’éditeur. Le texte de Seloua Lust Boulbina n’engage qu’elle, je le trouve ambigu, mais elle est libre de penser ce qu’elle veut, en revanche, elle se rend complice de falsification en préfaçant un ouvrage qui présente comme inédits des textes déjà publiés autrefois », indique-t-il.

Critiquant la préfacière, Pierre Amrouche trouve que « de la part d’une universitaire de renom c’est très léger, c’est le moins que je puisse en dire. De la part des Le Bault je ne suis pas surpris, ils sont coutumiers du fait d’utiliser les inédits et autres textes de mon père en me mettant devant le fait accompli et obtenant mon accord a posteriori ! Mais je n’ai jamais douté de leur bonne volonté même si je suis loin de partager leurs croyances, et ils gardent ma sympathie. Et je n’ai jamais souhaité polémiquer ni les poursuivre. »

Par ailleurs, Pierre Amrouche n’a pas conclu avant de savourer la victoire qu’un livre comme celui de son  père soit publié en Algérie, « Que les textes de Jean Amrouche soient disponibles en Algérie, patrie de la censure, est déjà une victoire et pour cette unique raison, les conditions d’édition sont sans grande importance. Les autres critiques très fondées de ce livre ne sont pas vraiment de mon ressort n’étant que l’ayant droit. Je laisse la parole aux universitaires qui ont certainement à bon droit des remarques à faire. »

 

 

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