Le 27 décembre 1957, le jour où Abane Ramdane est assassiné

63 années après l’assassinat de l’architecte de la révolution algérienne, Abane Ramdane demeure aujourd’hui le symbole de l’unification des forces populaires contre les jougs colonial et dictateur, mettant en œuvre la démarche politique d’un pays en voie d’indépendance pour que  « prime le civil sur le militaire. »

En pleine révolution armée, Abane Ramdane avait la perspicacité de voir dans l’au-delà d’une résistance populaire : un plan politique qui pourrait éviter à l’Algérie indépendante une dictature légitimant la pérennité de son autorité par sa participation dans la guerre de Libération, d’où l’urgence du Congrès de la Soummam.

L’assassinat d’Abane Ramdane témoigne de sa lucidité et les idées révolutionnaires qu’il aurait concrétisées une fois l’Algérie indépendante. Dans son livre intitulé Boussouf et le MALG, la face cachée de la révolution, Dahou Ould Kablia, ancien ministre de l’Intérieur sous Bouteflika et un des derniers membres du MALG écrit que « la  mort  abjecte  d’Abane  Ramdane  a  ébranlé  dangereusement  l’édifice encore fragile du pouvoir à la tête de la Révolution. Sa forte personnalité et le poids de ses idées novatrices et courageuses ont certainement marqué dans l’appréhension et le règlement des dysfonctionnements  et  des crises qui ont secoué le FLN par la suite. »  Confirmant la responsabilité d’Abdelhafid Boussouf dans l’assassinat d’Abane Ramdane, Dahou Ould Kablia précise que l’ancien dirigeant du MALG n’aurait jamais fait cela sans l’approbation de ses pairs. « Il ne fait  pas  de doute  que  la responsabilité matérielle de son assassinat est imputable au colonel Boussouf puisqu’il a eu lieu dans un territoire relevant de sa tutelle et a été exécuté par des hommes requis par ses soins. Boussouf n’a jamais nié les faits ni tenté  de se dédouaner en évoquant des raisons qui auraient pu relativiser son rôle. Ceux qui le connaissent savent bien qu’il n’aurait jamais accompli un geste aussi  grave contre  un dirigeant de l’envergure d’Abane Ramdane, en la présence de deux membres du CCE, sans une décision collégiale qui s’est imposée à lui », écrit-il dans un chapitre consacré à Abane Ramdane et intitulé Un homme, une vision.

 

 

 

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