De l'étymologie du mot « assassin »

C’est en découvrant le livre de l’écrivain slovène et traducteur de Nietzsche, Vladimir Bartol (1903-1967) Alamut  (que je vous recommande par ailleurs particulièrement), que j’ai pu approfondir les origines du mot « assassin ».

Roman qui fut, en outre,  la source d’inspiration majeure du premier jeu vidéo Assassin’s Creed.

Cet ouvrage raconte avec maints détails l’histoire extraordinaire, romancée bien évidemment, de Hassan ibn al Sabbah (Vers 1050-1124), surnommé le Vieux de la montagne, et chef d’une secte ismaélienne qui a sévi en Asie occidentale au XI ème siècle.

Hassan ibn al Sabbah, qui est également l’un des personnages du Pendule de Foucault d’Umberto Eco, et qui joue également un rôle central dans le roman Samarcande de Amin Maalouf, passait pour être un homme d’une grande rigueur morale et d’une élévation spirituelle indéniable. Il poursuivit une éducation religieuse musulmane très stricte qui le mena de Téhéran en Egypte et d’autres régions du Levant pour finir dans son château d’Alamut (le nid de l’aigle), au fond du massif de l’Elbrouz, non loin de la mer caspienne, dont il fit dès 1090 un repaire inexpugnable.

La légende raconte que Hassan ibn al Sabbah utilisait le chanvre indien, le hachich, pour galvaniser et manipuler ses troupes et les lancer dans des expéditions punitives contre les gouvernants du moment.

Cette secte ismaélienne des nizarites, nizâriens ou nizaris, est une communauté mystique chiite ismaélienne active entre la fin du XIème siècle et 1257. On les appelle aussi bâtinîs ou batiniens car ils professent une lecture ésotérique du Coran, le «  bâtin » étant le côté secret des choses.

Cette secte a donc terrorisé, pillé et assassiné sans vergogne et sans contrôle durant de nombreuses années. Ses membres étaient appelés les « hachachiyin », les gens de principe, de fondement de la foi, mais aussi les fumeurs de hachich qui a donné plus tard le terme « assassin », en français ; et dans d’autres langues romanes: « asesino » en espagnol, « assassino » en italien…

Un grand nombre de princes, d’hommes politiques, de chefs de guerre et de monarques dont, semble-t-il Nizam el Mulk (1018-1092), grand vizir des sultans seldjoukides et gouverneur de l’empire musulman du moment, dont le tort avait été de s’opposer à Hassan ibn al Sabbah, ont dû payer de leur vie, cette ostentation.

En définitive, il nous faut signaler combien il est étonnant que l’histoire ne fasse en fait que se répéter : « les fous d’Allah » du djihad actuel ne sont que la piètre reproduction de ces jeunes soldats, ces recrues naïves à qui l’on faisait croire que le Paradis se trouvait non loin de là, dans un enclos interdit et qu’on n’entrevoyait les merveilles qu’on leur promettait qu’après avoir ingéré quantité d’herbes hallucinogènes.

Ce roman demeure une œuvre prémonitoire du  terrorisme actuel d’un Islam politique et belliqueux prôné par certains « islamistes », « djihadistes » ou autres adeptes d’al Qaeda ou de Daesh.

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