Je suis un Algéro-optimiste

Je suis né dans un pays où l’histoire et la géographie sont tout le temps en guerre. Je suis né dans un pays qui se cherche des mythes pour fabriquer un peuple, des religions pour apaiser ses peurs, des rumeurs pour alimenter sa soif de se connaitre, des héros pour se tisser des gloires, même illusoires, mais je suis aussi né dans un pays qui n’a pas encore trouvé un miroir où se regarder pour se reconnaitre. En tant qu’Algérien, je me cherche encore, mais y a-t-il un mal à se chercher, à s’interroger sur les possibilités que nous offre notre destin ? L’Interrogation n’est-elle pas la plus belle invention de l’homme ? L’Algérie est un pays, comme dirait Achille Mbembe, écrit à partir d’une faille : une faille dans l’identité, une faille dans la mémoire, une faille dans l’histoire, une faille dans la géographie, une faille dans le regard qu’il a sur lui-même. Pour corriger cette faille et aller de l’avant, il faut oser l’interrogation, la plus banale et la plus folle, il faut oser l’aventure, l’inconnu, l’inexpérimenté, le nouveau, le sombre, le flou, l’incertain. Il faut marcher vers de nouveaux horizons, interroger inlassablement, interroger sans répit. Il faut interroger sans avoir peur. Ou crever. Moi, je suis un Algéro-optimiste. Je suis prêt à interroger, jusqu ‘à crever s’il le faut. Car, nous sommes dans un pays en rupture avec lui-même, un pays-faille. Il faut oser interroger. Avec optimisme. Ou crever.

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