Algérie, terre d’entrelacs culturels

Constituées de métissages et nourries de façonnages. Les cultures algériennes conservent  l’essentiel des différents apports successifs  connus tout au long des cheminements tortueux de leur histoire. Un  long processus historique, par définition, inachevé. L’Algérie amazighe dès l’origine, subira l’influence phénicienne d’abord, puis latine. La domination de la région par les romains n’a pas laissé que des vestiges matériels, car c’est durant cette période que l’Algérie entre dans la temporalité culturelle méditerranéenne. Avec l’irruption de l’Islam, l’Algérie connaît ses premiers rapports avec l’aire culturelle arabo-islamique. Mais dès le 13ème siècle, avec le déclin de cette influence, la société algérienne connaîtra un retour prononcé aux cultures locales.

De nouvelles formes d’expression vont s’organiser autour de la vie culturelle en visibilisant les valeurs traditionnelles. Des valeurs que la domination turque confortera largement du fait de son appartenance à l’islam et de sa présence lointaine.

C’est la domination française qui va introduire de grands changements sur le plan culturel. Un premier grand choc entre la modernité et les valeurs traditionnelles va bouleverser les habitudes tout en introduisant de nouvelles.

Avec l’indépendance de l’Algérie, c’est l’engouement pour le retour à la prétendue authenticité culturelle, avec l’appartenance à l’aire arabo-musulmane, ayant pour corollaire la réhabilitation de la langue arabe comme paradigme linguistique perdu. Avant de rendre, enfin, à la langue amazighe sa place naturelle sur fond d’un débat croisant trois grandes oppositions : Tradition/Modernité, Islam/Laïcité et Totalitarisme/Démocratie. Considérées comme des entités antinomiques, ces oppositions secouent véhémentement le champ culturel algérien. Mais au même moment, la société algérienne se trouve plus que jamais ouverte sur le monde et sur les cultures de l’universel. Cette ouverture sur l’universalité reste la meilleure garantie contre l’enfermement mortifère. Car de leur pluralité originelle et de leurs métissages méditerranéens, les cultures algériennes conservent un goût prononcé pour les croisements et les panachages. Résolument multilingue et ouvertement multiculturelle, la société algérienne demeure irréversiblement une terre de confluences et d’entrelacs culturels.

Une commentaire sur “Algérie, terre d’entrelacs culturels

  1. Excellent Dr Tes interventions d,‘actualité sont plus que bienvenues
    Personnellement ce repli sur moi -même est bénéfique ds la mesure où les ondes négatives ,le stress de tous les jours sont mis de côté
    Se protéger est un instinct de survie louable je suis curieux de connaître l’après confinement. Merci pour le out

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *