Les forfanteries de l’ignorance

Toute noblesse d’enseigner réduite en poussière. Par les éructations
infâmes d’un ignoble dignitaire. Ou plus précisément un ignominieux indignitaire. L’un de ces innombrables incultes qui peuplent les coulisses moites d’un gouvernoir ignare. Un affront aux enseignants de l’Algérie entière. Par ce vigile des obscures gouttières. La sentinelle attitrée des sombres tourbières. Ce factionnaire malappris, malotru et insulteur. Agresseur et offenseur. Un triste quidam qui se fout complètement de tout ce qui a trait à la science. Au savoir, à la culture ou la connaissance. Considérant l’univers de l’éducation, de l’enseignement, de la formation, de l’apprentissage et du noble labeur, comme un univers sans la moindre valeur. Et comme si ce haut métier n’était pas suffisamment dévalorisé, déprécié, traîné dans la boue par
tous ses pairs, voilà qu’il vient l’insulter in situ. Dans l’intimité probe de son respectable territoire. Effrontément et publiquement.
L’outrecuidance d’injurier des instructeurs symbolisant l’épanouissement de la conscience. Le dernier carré des enseignants
tirant leur maigre pitance exclusivement de leur salaire. Loin de la
faune des cours particuliers, des garages ombreux et des
appointements complémentaires. Les derniers enseignants intègres,
réduits au rang de parias par un système pervers. Pris en tenailles par l’engeance inculte qui n’arrête pas d’avilir tout ce qui se trouve en relation avec le savoir. A l’école, à l’université ou ailleurs. C’est sa
façon de prendre sa revanche sur ce qui lui tient lieu d’inconsolable
absence. Et de trou noir. Une engeance qui exècre l’école pour ne
l’avoir jamais aimé. Et qui squatte la zoosphère selon l’inamovible
principe de la succession spongieuse. Dépréciant. Déconsidérant.
Humiliant. Et avilissant une profession qui doit rester le dernier
bastion à l’abri de la gangrène dévoreuse. Qui doit échapper à la chape de la magouille fangeuse. Des combines généralisées, banalisées et institutionnalisées. Et mettant sur le devant de la scène des ignares accomplis. Comme cet énergumène offenseur. Pour lequel enseigner s’apparente indubitablement à une mauvaise conscience. Un métier qui rappelle continûment leur tare originelle à tous ceux qui le tiennent en horreur. Ceux là mêmes qui veulent le bafouer, l’outrager, le mortifier. Jusqu’à l’extinction définitive de la flamme ténue de l’intelligence qui danse frénétiquement sous leurs bottes. Titillant malicieusement leur ignorance. Brûlant obstinément leur maigre conscience. En rallumant perpétuellement la flamme inextinguible de la connaissance.

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