Rideau de fumée

Entre tintamare harassant et vacarme grinçant. Le baisser de rideau pour pitres grimaçants. Et la mise en scelle du cénacle pour bouffons repoussants.  Une coterie qui va sévir cinq ans durant. Cinq autres longues années. De coups bas sur le toit courbatu de l’Algérie. La farandole des pires. Le ballet des représentants de la vacuité. En toute indignité. Le bal des courbettes empestées. Pour soigner le réseau des manigances. Des combines obscures et des outrances. Pour le maximum de prébendes.Hâtivement et outrageusement.Car un ticket est trop court pour se goinfrer à satiété. Pour mettre l’Algérie en pièces dans son entiéreté. Malgré la sainte impunité. Car ces figurants frelatés jouissent du bouclier de l’immunité. Il suffit de quelques séances de levage de mains systématique. Et d’aplatissement automatique de toute morale et de toute éthique. Avant d’aller écumer les coulisses brumeuses. Pour faire aboutir des affaires fumeuses. Ca sert surtout à cela d’être figurant dans une chambre. Hautement basse. Comme son nom le clame bien fort. Le sentier dérobé pour se faufiler dans tous les vestibules du pouvoir. Et dans toutes ses antichambres noires. Pour toutes sortes de blanchissement. Pour plaider la cause des acolytes. Avec les traîtrises usuelles, les vilenies habituelles et les turpitudes rituelles. Bardé de toutes les trivialités, de toutes les grossiéretés et toutes les obscénités. Pour voir de quel côté le vent se mettra à souffler. Et dans quelle direction il va falloir solder de nouveau, les résidus d’âme putride et les miettes de conscience fétide. Qu’on n’arrête pas d’hypopothéquer. Au moment où la société algérienne est interdite de parler, de voir et de marcher. Pour crier son indignation. Pour refuser d’autres humiliations. Pour arrêter le désastre qui n’a que trop duré. Pour étreindre l’horizon et enfoncer sa tête dans les étoiles. Mais tous ces figurants regardent ailleurs. Les yeux rivés sur les résultats connus par anticipation. Le nez enfoui dans le fumier des négociations, des tractations et des transactions. Pour une autre mise en boîte de l’Algérie. Par le cercle de l’heure. Qui se prend ostensiblement pour un carré. Qui met les noms sur les listes. Les figurants sur les sièges. Et la loi en apesanteur.

 

 

Un commentaire sur “Rideau de fumée

  1. Comme à l’accoutumée, un texte aussi savoureux qu’il est percutant, qu’il est parlant, qu’il est rageur, et pour cause. Mais je parie que cette bassecour n’ira pas au bout de son »mandat », puisqu’elle a été mandatée par une médiocratie qui est en fin de ressources, et qui va devoir déguerpir plutôt qu’elle ne croit. Merci cher ami.

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