«Il faudra que les linguistes interviennent davantage dans le débat social» ( Ibtissem Chachou, sociolinguiste)

Dans cet entretien au ton universitaire, le professeur Ibtissem Chachou, spécialiste en sciences du langage, revient sur plusieurs concepts en rapport aux situations sociolinguistiques en Algérie, ainsi que la posture du chercheur vis-à-vis des enquêtes entreprises sur différentes questions linguistiques, « Les précautions méthodologiques et épistémiques dont doit s’entourer le travail du chercheur doivent être dictées par une attitude réflexive et critique laquelle ne peut être nourrie que par la curiosité intellectuelle et la rigueur scientifique », affirme-t-elle.

Dans votre ouvrage de référence La situation sociolinguistique en Algérie : Pratiques plurilingues et variétés à l’œuvre (2013), vous remettez en cause le modèle de diglossie qui a été appliqué à l’Algérie par William Marçais, puis par Charles Ferguson, en considérant que cette théorisation va à l’encontre de la pratique et la complexité sociolinguistique. Comment vous qualifiez le contexte sociolinguistique algérien ? Et pourquoi telle caractérisation ?

L’application à l’Algérie de la notion de diglossie par William Marçais en 1930 trouve ses origines dans une représentation de l’arabe que l’on peut situer dans la deuxième moitié du 19ème siècle où une polémique a eu lieu, entre progressistes et conservateurs, autour de ce qu’on a appelé « l’arabe vulgaire » et « l’arabe régulier » ou dit classique. L’enjeu était de choisir entre l’une ou l’autre langue pour l’enseigner à l’école, les deux protagonistes étaient néanmoins d’accord pour considérer que « l’arabe parlé » était une forme dégradée de « l’arabe classique ». Le débat avait pris fin avec la francisation de l’école par Jules Ferry. D’ailleurs Marçais concluait dans son article, et à l’occasion du Centenaire de l’Algérie française, que l’arabe était un monstre à deux têtes et qu’il ne pouvait pas être enseigné à l’école d’où la nécessité d’opter pour le français. Cette vision n’était pas forcément « colonialiste » mais jacobine et provenait d’une tradition hexagonale ancienne où « la terreur linguistique » a été jusqu’à interdire l’usage des dits « dialectes » et « patois » sous Robespierre. La notion de diglossie pose ici problème dans la mesure où elle supposait que les deux langues étaient génétiquement apparentées ainsi que la présentait Jean Psichari en 1928, or l’arabe algérien s’est formé au Maghreb avec l’arrivée des tribus des Banû Hilal à partir du 10ème siècle notamment. Les similitudes décrites dans le cadre de la dialectologie historique du Maghreb entre les parlers du sud arabique dont sont issues ces tribus et l’arabe pratiqué au Maghreb le montrent clairement. Le substrat était chamito-sémitique, la pratique à large échelle de l’arabe hilalien agissant comme superstrat a fini par aboutir, après plusieurs siècles, à ce qu’on a appelé l’arabisation linguistique. Toute l’aire chamito-sémitique, d’Est en ouest a vu s’implanter des variétés d’arabe qui s’étaient acclimatées et ont par endroits, coexisté avec les langues vernaculaires comme c’est le cas au Maghreb.

Concernant le schéma fergusonien sur lequel je reviens dans mon ouvrage, j’avais fait une synthèse à partir des travaux en sociolinguistique algérienne notamment les recherches où l’accent a été mis sur le caractère dynamique et mouvant de l’usage des langues dans les milieux dits formels et informels. J’ai essayé de montrer les porosités existantes entre les différentes situations de communication caractérisées par la pluralité et la flexibilité des pratiques langagières et ce, en puisant des exemples dans les domaines éducatif et médiatique. Cet aspect pluriel, s’explique par la diversité du répertoire linguistique du locuteur algérien mais également par les libertés et la créativité que permet la pratique des langues premières, c’est-à-dire l’arabe algérien et les langues berbères lesquelles ne sont pas soumises au poids d’une norme standard. Le sujet parlant algérien puise dans un répertoire langagier plurilingue et varié, cela va de la variabilité dans une même langue à la combinaison entre deux ou trois langues voire davantage. La rigidité du modèle nord-américain n’a pas résisté à l’introduction du paradigme de la complexité dans la saisie des phénomènes que l’on soumet à l’analyse, on parle d’un usage coupant de l’intellect qui ne peut que réduire les dimensions d’un objet, le réifier, en figer la définition et en stériliser l’emploi. Il faut savoir que la classification comme méthode a dominé les sciences dures au 19ème siècle et que nous en avons hérité en linguistique par le biais de la grammaire comparée et historique puis à travers le structuralisme qui a dominé tout le 20ème siècle. Dans le domaine des études arabes, ce sont les approches classifiées et par continuums qui vont relativiser l’opposition entre les dits « arabe classique » et « arabe dialectal ». La scientificité a longtemps été tributaire de la rigueur de la méthode. Ce qui aurait été conçu, d’après Sonia Branca-Rosoff, comme une définition historique, aurait été reprise dans la littérature sociolinguistique comme une typologie d’où la confusion, toujours est-il que le caractère dynamique du terrain et celui évolutif des représentations, notion développée par l’école occitano-catalane, impactent le statut des langues et leurs usages en société.   

Une question frappante évoquée, dans votre ouvrage récemment publié Sociolinguistique du Maghreb (2018),est la posture épistémo-méthodologique qu’adopte constamment le chercheur envers la qualification-catégorisation des langues : arabe dialectal, arabe littéral, etc. Cette formulation classificatoire des langues oriente l’enquêté et biaise les données collectées. Quelle attitude épistémique doit acquérir le chercheur, débutant notamment, pour ne pas détourner les réponses de l’enquêté à propos de la question des langues pratiquées ?

Les précautions méthodologiques et épistémiques dont doit s’entourer le travail du chercheur doivent être dictées par une attitude réflexive et critique laquelle ne peut être nourrie que par la curiosité intellectuelle et la rigueur scientifique. Avant d’aborder le terrain, le chercheur doit s’imprégner de l’état de l’art sur son sujet, effectuer des lectures ciblées et actives car s’il se présente « désarmé » sur le terrain, il y a de fortes chances qu’il reconduise, à travers ses enquêtes, les préjugés et clichés qui abondent dans les discours circulants, Edgar Morin définit d’ailleurs le champ scientifique comme étant d’abord un champ social. Si les questions véhiculent des idées fausses ou stéréotypées, il n’en résultera que des réponses biaisées et donc sans grand intérêt pour la compréhension de l’objet d‘étude. Les glottonymes font partie de ces prénotions investies de sens commun. En Algérie, l’hétérogénéité de ces glottonymes est telle qu’en l’absence de connaissances approfondies des pratiques linguistiques en cours, les confusions s’installent rapidement. C’est un problème auquel j’ai été confrontée quand j’ai débuté mes premiers travaux en sociolinguistique, c’est pourquoi j’y ai consacré une partie de ma recherche doctorale. Les glottonymes font partie du vocabulaire d’une spécialité lequel permet à une communauté scientifique de s’exprimer d’une façon concise mais surtout précise d’où la nécessité de dénommer les langues en en réglant le sens afin de normaliser les pratiques des linguistes et dissiper les ambiguïtés. J’ai constaté également que dans de nombreuses enquêtes sociolinguistiques, les questions portent sur les attitudes que les enquêtés ont à l’égard des langues et non sur les pratiques effectives de ces dernières en rapport avec un domaine d’usage particulier d’où une reproduction fréquente des stéréotypes. Dès lors que nous posons la question de savoir ce qu’il pense de « l’arabe dialectal », l’enquêté nous fournira des réponses toutes faites, mais si nous lui demandons son avis sur l’usage de l’arabe algérien dans les titres de journaux, le doublage des feuilletons turcs, le théâtre, l’école, sa combinaison avec d’autres langues, etc., nous serions étonnés par l’hétérogénéité des réponses pouvant être obtenues. L’autre problème inhérent à celui que nous venons d’évoquer, est que de nombreuses études synthétisent les représentations liées aux langues en reprenant les données collectées il y a de cela vingt ans ou davantage, à partir des ouvrages références comme « Les Algériens et leur(s) langues » (1995) de Khaoula Taleb Ibrahimi ou encore celui de Mohamed Benrabah « Langue et pouvoir en Algérie » (1999), en faisant l’économie d’enquêtes récentes sur une problématique aussi complexe et évolutive que celle des représentations.

Dans votre fameux article Réflexions épistémologiques autour de l’état de la dénomination et de la hiérarchisation des langues dans le discours universitaire algérien (2012), vous mettez le focus sur la problématique de l’hétéro-dénomination des langues en Algérie notamment l’arabe dialectal. Pensez-vous que cette hiérarchisation « stéréotypisante » sustente les représentations dévalorisantes sur les langues, y compris les langues dites minoritaires ?

Effectivement, car qualifier l’arabe pratiqué en Algérie de dialectal suppose que ce dernier dérive d’un arabe qui a le statut d’une langue et qu’il en est une variété « dégradée » et « corrompue » qui ne peut prétendre au statut d’une langue à part entière du moment qu’il y a déjà une langue standard en usage dans la sphère officielle. Le « dialecte » est considéré du point de vue des représentations sociolinguistiques comme un usage « fautif » d’une langue « correcte », une variété fortement péjorée qui s’apparente à un mélange que l’on oppose à la « pureté » fantasmée de la langue normée et parfois sacralisée. Si la linguistique saussurienne du 19ème siècle a démontré que partant de la structure, tout ce qui se parle est une langue, la dichotomie langue/dialecte est hélas encore entretenue dans la littérature scientifique en Algérie. Que l’arabe algérien soit envisagé en termes de diglossie, de registres (strates) ou de continuum par rapport à l’arabe institutionnel, la hiérarchisation le place en bas de l’échelle y compris, j’insiste, dans les travaux académiques. Les trois discours, scientifique, politique et commun, concourent à la minoration de l’arabe algérien, ce dernier est une langue minorée et non minoritaire, elle est, au contraire, majoritaire. Ces raccourcis seraient dus à la méconnaissance de l’histoire de la formation et de l’évolution de cette langue d’où la nécessité d’introduire l’étude diachronique des langues pratiquées au Maghreb dans les enseignements de Master et de Doctorat dispensés à l’Université. En sus de ce travail académique, il serait intéressant également de vulgariser l’histoire de nos langues auprès du grand public afin de contrer la poussée des extrémismes qui se greffent autour des questions linguistiques et identitaires de manière générale, notamment sur les réseaux sociaux numériques où ce qu’on appelle les mauvais locuteurs ou les trolls fabriquent et alimentent des crispations.    

4- Le mot « tamazight » ou langue tamazighe est souvent introduit comme terme générique ou novlangue. Dans votre article Le mythe de la « tamazighisation » linguistique en Algérie (2018), vous dressez un constat critique sur « l’unilinguisation » charriée par l’approche linguistique essentialiste en soulignant la diversité langagière que scotomise ce terme globalisant. Pensez-vous que la favorisation de l’hypothèse d’une langue commune puisse affecter la sensibilité linguistique des locuteurs ?

L’emploi de « tamazight » a remplacé chez les militants berbérisants celui de « berbère », et ce dans le but de se réapproprier le pouvoir d’auto- dénomination, les changements au niveau du discours vont alors toucher l’ethnonyme et le glottonyme. Il importe de préciser que ces substitutions sont d’ordre symbolique et participent de l’élaboration du récit identitaire des berbérophones et son expurgation de tout ce qui est interprété comme péjoratif, car l’ethnonyme « Imazighen » n’apparait pas dans les documents historiques anciens comme ayant servi à désigner l’ensemble des habitants de l’Afrique du Nord. Pour revenir à « tamazight », c’est un terme générique qui renvoie à une langue polynomique, c’est-à-dire une langue dont « l’unité est abstraite », d’après Jean-Baptise Marcellesi, et qui existe sous forme de différentes variétés linguistiques mais qui ne découlent pas forcément d’une langue unique. La polynomie est un outil conceptuel qui permet donc de regrouper sous un même glottonyme des variétés plus ou moins proches sur le plan linguistique et vues comme faisant partie, d’après leurs locuteurs, d’un même ensemble. C’est le cas en Algérie pour le chaoui, le kabyle, le targui, le mozabite, le chenoui, le zénète et d’autres variétés de berbère dont certaines sont dites « chelha » dans les régions de l’ouest notamment. La difficulté est survenue lorsqu’à ce changement de glottonyme (qui renvoie toujours à ce que j’ai énuméré plus haut) s’est invitée une novlangue conçue dans le cadre du mouvement associatif à partir des années 1970 puis dans le domaine académique et qui, je cite Dourari Abderrezak, « est un pur artefact au sens théorique et pratique ». Ce qu’on pourrait appeler un « tamazight institutionnel » n’est pas une langue naturelle dans la mesure où elle n’est pas pratiquée au sein d’une communauté linguistique, par des locuteurs dans des situations de communication ordinaires d’où son caractère artificiel. Une langue artificielle est le contraire d’une langue naturelle, c’est le contraire d’une langue tout court. Réduire les langues berbères à une langue artificielle reviendra à créer une diglossie dans la sphère du berbère en désavantageant les langues réellement pratiquées. Je parle à ce propos d’un processus de « tamazighisation » dicté par l’obsession de l’unilinguisme et c’est en cela que se rejoignent les objectifs des politiques et ceux des militants. Des langues comme l’hébreu ont pu être ressuscitées mais ce dernier était une langue liturgique en usage lors des cérémonies religieuses durant de nombreux siècles, ce n’est pas le cas du « tamazight institutionnel ». Pour ce qui est de la loyauté linguistique, la question se pose si elle suffit à tromper l’impératif utilitaire, la sauvegarde et la promotion d’une langue ont certes besoin de l’adhésion de ses locuteurs encore faut-il que les arguments en sa faveur soient d’ordre pragmatique. Standardiser des langues comme le kabyle ou le mozabite permet de stabiliser l’état de la langue, freiner sa dialectalisation et permettre à ses locuteurs de continuer à l’utiliser comme un outil d’expression et de communication, l’entretien d’une langue passe par sa standardisation et par sa gestion dans le cadre d’une politique linguistique en phase avec les pratiques linguistiques effectives.   

Le thème du « hiatus » entre les représentations et la situation sociolinguistique revient comme un leitmotiv dans vos travaux de recherche, notamment dans l’ouvrage Pour un plurilinguisme algérien intégré (2016). A votre avis, comment peut-on déconstruire les représentations « stéréotypisantes » envers la pluralité linguistique à l’œuvre ?

Le stéréotype simplifie la complexité des faits humains en en escamotant les particularités dans la mesure où il relève d’un système de catégorisation rapide et caricatural, il véhicule du sens commun. Le caractère stéréotypé des représentations sociolinguistiques est le résultat de l’intériorisation par le sujet de discours institutionnels dévalorisants à l’égard de leurs langues vernaculaires, de jugements négatifs reproduits par les acteurs politiques et les acteurs de l’école algérienne. Le locuteur développera, dès son jeune âge, une représentation négative de ce qu’il pratique d’où ce décalage. Ce type de hiatus caractérise les contextes diglossiques où des langues sont jugées plus prestigieuses que d’autres, le sujet parlant va alors développer une haine de soi qui l’amène à opter pour des identités linguistiques de rechange, il s’appropriera souvent le modèle dominant ou du moins le reconnaitra comme sien sans forcément le pratiquer, nous relevons ces attitudes dans des énoncés comme : « l’arabe c’est notre langue, mais nous ne le parlons pas correctement ». Les linguistes ont décrit un autre phénomène qui résulte de cette stigmatisation des langues minorées, il s’agit de l’insécurité linguistique, le fait de s’exprimer dans des situations formelles dans sa langue première devient problématique et nourrit chez le locuteur le sentiment de culpabilité, celle de pratiquer une langue fautive et de moindre prestige que d’autres.

Quant à la déconstruction des stéréotypes, il me semble qu’en Algérie, il faudra que les linguistes interviennent davantage dans le débat social autour de la question des langues pour en expliquer la formation, l’évolution et alerter contre leur politisation. C’est aux linguistes qu’incombe la tâche de soustraire le débat linguistique aux manipulations politiciennes et c’est aux médias de donner la parole aux linguistes pour qu’ils s’expriment en tant que spécialistes pour éclairer les politiques et l’opinion publique. Ces débats gagnent à s’appuyer sur des arguments scientifiques pour éviter qu’ils ne tournent à la polémique. Aujourd’hui, avec tous les discours de la haine qui se propagent sur les RSN et l’intervention du politique dans le champ du scientifique, il est de notre devoir d’intervenir pour déconstruire les stéréotypes en rétablissant les faits linguistiques et en les situant à la fois dans leur cadre historique et par rapport aux enjeux sociétaux et ceux actuels du monde. J’ajouterai que si l’identification du stéréotype est aisée dans le discours circulant, elle l’est moins dans le discours scientifique. En effet, le chercheur peut parfois user ou abuser de son autorité pour faire l’économie du raisonnement scientifique notamment dans les écrits journalistiques, les médias ne doivent servir que d’espaces de vulgarisation des résultats d’une recherche rigoureuse évaluée et discutée par des pairs, les transformer en un espace où s’exerce une rhétorique de l’évidence, parfois insidieuse, relève tout simplement d’un manquement à l’éthique.

Entretien réalisé par Youcef BACHA, doctorant en didactique du plurilinguisme/ Sociodidactique, Laboratoire de Didactique de la Langue et des Textes, Université de Ali Lounici-Blida2, Algérie.

Ibtissem CHACHOU est professeure de l’enseignement supérieur en sciences du langage à l’Université de Mostaganem. Elle a publié de nombreux articles scientifiques sur le contact des langues dans le domaine médiatique : Le mixage linguistique dans la publicité en Algérie : de la niche éco-médiatique aux connotés diatopiques (2012), Langues et médias en Méditerranée (2012). Le statut des langues en Algérie: De l’occultation des repères sociolinguistiques dans la conception des finalités éducatives : L’école algérienne à l’épreuve de la déconstruction identitaire (2009). Les urbanités socio-langagières : L´auto-désignation et l´hétéro-désignation comme procédés langagiers de ségrégation urbaine : le cas de la ville de Mostaganem (2012), Les parlers urbains de Mostaganem: essai d’analyse sociolinguistique (2006). Elle est l’auteure de La situation sociolinguistique en Algérie : Pratiques plurilingues et variétés à l’œuvre (2013), Sociolinguiste du Maghreb (2018) et coordinatrice de l’ouvrage collectif Pour un plurilinguisme algérien intégré (2016).

Une commentaire sur “«Il faudra que les linguistes interviennent davantage dans le débat social» ( Ibtissem Chachou, sociolinguiste)

  1. Le Tamazight, la « Fusha » des Berbères d’Afrique du Nord.
    Comment une langue créée de toutes pièces, artificielle, langue maternelle de personne peut-elle être érigée en langue nationale et officielle d’un grand pays comme l’Algérie.
    Comment est-ce possible ? qui a laissé faire cette bêtise ? et pourquoi on continue à soutenir ce projet insensé qui se fait aux dépens des dialectes millénaires et au dépens de l’Arabe qui est la langue nationale utilisée depuis plus de 1000 ans et comprise par tous dans tout le pays.
    Quel est le but de cette entreprise qui consiste à ramasser des miettes de dialectes berbères très divergents entre eux et exclusivement oraux pour les amalgamer entre eux afin d’en faire une pate linguistique et de l’imposer à tous les Algériens alors qu’on ne sait même pas avec quelle graphie elle sera écrite ? Une langue sensée fédérer tous les berbères d’Afrique du Nord mais qui est en réalité inconnue de tous aussi bien de la minorité Berbère que de la majorité Arabe qui la refuse et qui ne veut surtout pas la voir imposée à ses enfants scolarisés.
    Madame Chachou nous explique que ce projet de Tamazight « participe de l’élaboration du récit identitaire des berbérophones » et qu’il a été « conçu dans le cadre du mouvement associatif à partir des années 1970 puis dans le domaine académique »
    Oui je suis d’accord sur le récit identitaire, mais ce récit a été porté surtout par une mouvance politique depuis des décennies pour donner à cette identité et à cette civilisation berbère, à l’instar d’autres grandes civilisations, enfin la Langue qui lui manque (Chouffou ya Nass, nous sommes une civilisation à part entière, nous avons-nous aussi notre Fusha notre langue mère).
    Plus loin, Madame Chachou dit « il est de notre devoir d’intervenir pour déconstruire les stéréotypes en rétablissant les faits linguistiques et en les situant à la fois dans leur cadre historique et par rapport aux enjeux sociétaux et ceux actuels du monde »
    Ou étiez-vous Madame Chachou avant ? Pourquoi n’avez -vous pas alerté vous et vos collègues linguistes spécialistes de ces questions, les politiques, l’opinion publique nationale que le plus important c’était la préservation des dialectes régionaux véritable patrimoine national et la consolidation de la Langue Arabe, 5ème langue la plus influente et la plus parlée au monde, véritable ciment national (Regardez la France avec sa langue et ses multiples dialectes régionaux , Idem pour le monde Anglo-saxon particulièrement les USA avec comme seule langue officielle l’Anglais malgré le développement de l’espagnol et je ne parle pas même pas de l’Amérique du Sud qui au passage est dite « Amérique Latine » (culturellement bien entendu) alors qu’elle est aussi Amérindienne.
    Aujourd’hui on va au-devant de gros problèmes à cause de cette hérésie qui va non seulement nous couter de l’argent mais surtout saper l’union nationale. Cette histoire risque de prendre des contours inquiétants.

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